À CORPS ÉCRIT intervient en institution.
Dans ces écoles pour éducateurs, moniteurs-éducateurs, assistantes sociales, où il s'agit d'envisager chacun comme un passeur, qui accompagnera l'autre sur la rive du mieux-être et de l'autonomie.
Pour être un passeur, il faut être " passé " soi-même, être allé voir du côté de ses propres émotions, de sa propre violence et de sa vulnérabilité, pour les reconnaître chez l'autre, les accueillir et savoir s'en protéger aussi.
Ce sont des professions où en général les personnes "prennent sur elles", c'est-à-dire dans leur corps, la souffrance, la détresse, en tous cas les difficultés des autres ; ces malaises, " le mal à l'aise " peut s'insinuer en " mal à dire " et s'incruster en maladie au bout de quelques années de métier.
Des outils de santé sont alors transmis dans la formation pour " empuissancer " comme disent les Québecois, donner à chacun les moyens de se brancher sur ses propres forces de vie.
Prendre conscience que le corps est bien composé de différentes parties, mais qu'il forme aussi une unité, et qu'il est une voie vers une unification de la conscience, un recentrage, un calme.
Des improvisations où les personnages ne se parlent qu'en utilisant seulement " oui ou non " par exemple ; il ne s'agit pas d'être enfermé dans le sens ou chercher à se faire comprendre, mais accepter la distance que " permet " cette contrainte et engager sa corporalité ; ce n'est plus seulement la tête qui parle, mais tout le corps en se laissant traverser par les émotions.